“Pas trop de trucs bizarres” chez les Afrikaners
Un jardinier, une femme qui s’ennuie et un mari qui rentre tard à la maison. Scenario classique, me direz-vous. Nos parents ont connu ça il y a bien longtemps. Et bien, en Afrique du Sud, la révolution sexuelle, ca se passe maintenant. Le premier film pour adultes Afrikaner est sorti en l’an de grâce 2009. Et autant dire que les anciens colons, majoritairement Hollandais, ne sont pas très ouverts sur la chose. Dans Kwaai Nai (ne me demandez pas la traduction, c’est vulgaire), il ne fallait pas mettre “trop de trucs bizarres”, m’a expliqué le producteur, “pour ne pas choquer”. Je ne rentrerai pas non plus dans les détails des “trucs bizarres”. Mais bref, avec son jardinier et sa femme frustrée, Johan Greef, a fait la révoltion.
Il se promenait tout naturellement dans un sex shop de Johannesburg, lorsqu’il a surpris une conversation. Une dame Afrikaner, d’âge mûr, voulait offrir un cadeau à son mari : un film pornographique. Mais problème : le mari ne parlait pas anglais. La vendeuse, désolée, lui a expliqué que les films afrikaners pour adultes n’existaient pas. Et la petite dame est repartie, toute déçue. L’histoire ne dit pas ce qu’elle a finalement acheté à son mari.
Mais elle a offert à Johan Greef, producteur de films de mariage (si si), de rentrer dans l’Histoire. Il a publié une annonce de casting sur internet, et après huit mois, enfin, il a trouvé deux couples, qui voulaient bien tenter l’expérience. Et le petit Kwaai Nai est né.
Dans le pays, on rit et on pleure. Parce qu’il faut dire que ce n’est pas trop l’image que les Afrikaners ont donné jusqu’à présent. Ceux qui se considéraient comme les “élus de Dieu” au XVIIème siècle, sont partis à la conquête de l’Afrique pour trouver leur “terre promise”. Leur peuple afrikaner a longtemps vécu selon les préceptes de la Bible. Les mêmes versets ont servi à justifier le régime d’apartheid. Ca faisait un truc du genre : Dieu a crée des races. Donc il veut que nous les conservions. On se mélangera pas et il n’y aura pas de relations sexuelles interraciales. CQFD.
Johan Greef pensait, comme beaucoup, que les mentalités avaient évolué. Après tout, “les Afrikaners aussi ont des fantasmes et ne se sont pas reproduis par l’opération du Saint-Esprit”. Malgré les 2000 copies vendues, le producteur a vite déchanté. Il reçoit quotidiennement des menaces de mort, de ceux qui le désignent comme l’Antéchrist.
Il confie d’ailleurs, qu’il n’est pas prêt à recommencer l’expérience et va se consacrer entièrement à la production de films de mariage. Autant vous dire que le premier film interracial en Afrikaans n’est pas prêt, lui, à rentrer dans l’Histoire.
Et une idée me vient soudainement à l’esprit : “un producteur de films qui montre un jardinier et une femme adultère reçoit des menaces de mort”. Ca ferait un bon titre pour décrier le conservatisme de certains pays mulsulmans, non? Et bien, même en Afrique du Sud, personne ne le sait.

Pourquoi des menaces de mort ? A priori là non plus ils ne se mélangent pas… Chouette sujet en tout cas !
Même sans se mélanger, c’est péché!